Pour se rappeler d'espèces animales disparues
Posted on août 18, 2019 by Suzie Palmer

Une légende qui paraît impossible… Environ 5 milliards d’oiseaux de la même espèce vivant dans l’Est de l’Amérique du Nord! Il y en a tellement, qu’on rapporte des nuages formés de milliers, voire même de millions de ces oiseaux…
Pourtant, ce n’est pas une légende! Cet oiseau a bel et bien existé, proliférant dans l’Est du Canada et des États-Unis : il s’agit de la tourte, un oiseau de la famille du pigeon. Ce fut une des espèces animales les plus nombreuses de l’histoire! Pensons-y : il n’y a pas si longtemps que la race humaine à réussi, elle aussi, à égaler et dépasser ce nombre ahurissant de 5 milliards d’individus pour une seule espèce…
Pas étonnant que c’était l’oiseau le plus connu de ce coin du monde. Les anglophones l’appelaient « passenger pigeon », et les Québécois en ont fait un met traditionnel: de la viande de tourte, cuite dans une pâte comme une tarte. Un met qui s’appelle tout simplement « la tourtière »… et qui égaie encore aujourd’hui les tables québécoises, particulièrement dans la période de Noël et du Nouvel An. Toutefois, on prépare maintenant la tourtière avec d’autres viandes : porc, bœuf, veau, ou autres variantes. Car de la tourte, il n’en existe plus du tout…
| Type d'animal | Endroit où il habitait | Raison de l'extinction |
|---|---|---|
| Oiseau | Amérique du Nord | Chasse |
Nom latin: Ectopistes migratorius
Autres noms en français: tourte voyageuse, pigeon migrateur, colombe voyageuse
Noms en anglais: passenger pigeon, wild pigeon
Pas tant que ça. Il n’était pas nécessaire d’être un grand chasseur pour tirer au hasard dans le nuage d’oiseaux et voir tomber le gibier par dizaines. Toutefois, l’extinction de l’animal fut causée par la chasse commerciale: les chasseurs professionnels s’attaquaient aux tourtes… avec des obusiers! Ils pouvaient abattre 25 000 oiseaux en une seule journée de chasse, les chasses les plus fructueuses ayant atteint les 50 000 individus abattus. On en expédiait des trains entiers en direction des grandes villes américaines de l’Est.
Dès 1857, alors que la tourte était de moins en moins commune, des groupes se sont inquiétés de cette chasse exagérée et ont déposé un projet de loi auprès des autorités américaines afin que la tourte soit protégée. Voici un extrait du rapport qui fut fait par le comité qui avait étudié, puis rejeté le projet de loi:
« La tourte n’a besoin d’aucune protection. Remarquablement prolifique, ayant les vastes forêts du Nord comme aire de nidification, voyageant des centaines de miles pour trouver sa nourriture, la tourte est ici aujourd’hui et ailleurs demain, et aucun acte de destruction ordinaire ne peut l’affaiblir ou faire une différence parmi toute cette myriade d’individus qui se reproduisent chaque année. »
Pourtant, dès 1890, on note que l’espèce n’existe plus que par attroupements ici et là. Le dernier groupe de tourtes en vol a été aperçu en 1900, dans l’état du Michigan. Les quelques oiseaux qui subsistaient et vivaient isolés, ont continué à être chassés et ont été exterminés dans les quelques années qui ont suivi, malgré les nouvelles lois qui en interdisaient maintenant la chasse.
Entre 1909 et 1912, l’American Ornithologists’ Union offrait une récompense de 1500$ à qui que ce soit qui trouverait un nid ou attroupement de tourtes, mais aucune récompense ne fut attribuée.
Il restait toutefois quelques tourtes dans des parc zoologiques. Les tentatives de reproduction de ces oiseaux en captivité ont malheureusement échouées, et la dernière tourte est morte le 1er septembre 1914, au Zoo de Cincinnati. C’était une femelle appelée Martha, et elle était âgée de 29 ans.
C’était un oiseau grégaire qui vivait en colonie et se déplaçait souvent. Une colonie pouvait parfois couvrir des centaines de kilomètres carrés, et un seul arbre pouvait abriter une centaine de nids. Lorsque le secteur n’offrait plus assez de nourriture, la colonie partait et se cherchait un nouvel endroit où habiter quelques temps.
Son taux de reproduction était faible : elle ne pondait qu’un œuf, rarement deux par couvée. Les deux parents couvaient tour à tour et ils prenaient soin de l’oisillon pendant environ deux semaines, après quoi, la colonie quittait l’endroit pour se déplacer. Les petits, incapables de voler, tombaient des nids, mais au bout de quelques jours, ils volaient et se nourrissaient par eux-mêmes. On rapportait toutefois un nombre élevé de mortalité chez les oisillons.
De la famille du pigeon, la tourte ressemblait beaucoup à la tourterelle triste, mais elle était plus grande et de couleurs un peu plus vives. Sa tête et son dos étaient d’un bleu-gris, et sa poitrine, rouge vin. Le mâle était plus coloré que la femelle et les immatures.
Elle se nourrissait de noix, graines, fruits, vers et insectes variés. On dit qu’elle volait avec grâce, agilité et rapidité : on estime que la tourte pouvait atteindre plus de 100 km/h!
Aussi triste que puisse être cette histoire, quelque chose de bien en est ressorti: son extinction fut tellement spectaculaire qu’elle a bouleversé un grand nombre de gens et les a sensibilisés au besoin d’implanter des lois de protection des espèces animales!
Beaucoup de ces lois sont enfin nées, en Amérique du Nord, suite à la disparition de la tourte.
Category: Animaux éteints Tags: amérique du nord, chasse, oiseau
Regardez profondément dans la nature, et alors vous comprendrez tout beaucoup mieux.
Copyright © 2026 · All Rights Reserved · Mémorium
Theme: Natural Lite by Organic Themes · RSS Feed
Hi, this is a comment.
To get started with moderating, editing, and deleting comments, please visit the Comments screen in the dashboard.
Commenter avatars come from Gravatar.
Pingback: Ramener des espèces animales éteintes à la vie: on y est presque! - Mémorium
Pingback: 3 milliards d'oiseaux ont disparu d'Amérique du Nord - Mémorium